Le locus coeruleus, un régulateur clé du sommeil humain
Malgré des décennies de recherche, le sommeil reste un phénomène largement mystérieux. Si les études animales ont mis en évidence le rôle des structures sous-corticales dans sa régulation, les données humaines sont encore rares. Une équipe de l’ULiège (GIGA-CRC-Human Imaging), menée par Nasrin Mortazavi et Gilles Vandewalle, s’est penchée sur l’implication du locus coeruleus – une minuscule structure du tronc cérébral, de la taille d’un grain de riz – dans la dynamique du sommeil.
S
urnommé le « point bleu » en raison de sa pigmentation riche en fer, le locus coeruleus est la seule source de noradrénaline du cerveau, un neuromodulateur essentiel à l’éveil et à la vigilance. Son activité doit diminuer pour permettre l’endormissement et fluctuer au cours de la nuit pour réguler les différentes phases du sommeil. Grâce à l’imagerie IRM 7 Tesla à haute résolution, les chercheurs ont observé que « l’équilibre de l’activité du locus coeruleus durant l’éveil est essentiel pour une bonne expression du sommeil paradoxal », explique Nasrin Mortazavi.
Ces résultats suggèrent que, comme chez les rongeurs, le locus coeruleus joue un rôle actif dans la régulation du sommeil humain. « Mieux comprendre ce mécanisme pourrait ouvrir la voie à des interventions ciblées pour améliorer la qualité du sommeil, notamment chez les patients souffrant de troubles neurodégénératifs », souligne Gilles Vandewalle. Cette structure étant l’une des premières touchées par des maladies comme Alzheimer ou Parkinson, « les troubles du sommeil pourraient ainsi constituer un signe précoce de la maladie », ajoute Nasrin Mortazavi.
Référence scientifique
Mortazavi N, Talwar P, Koshmanova E, Sharifpour R, Beckers E, Berger A, Campbell I, Paparella I, Balda F, Dardour Hamzaoui I, Berthomier C, Bastin C, Phillips C, Maquet P, Collette F, Zubkov M, Lamalle L, Vandewalle G., REM sleep quality is associated with balanced tonic activity of the locus coeruleus during wakefulness. , J Biomed Sci. 2025 Mar 11;32(1):35. doi: 10.1186/s12929-025-01127-9.
